Toméo Gasser, champion de France de para judo

Le fessenheimois Toméo Gasser, atteint d’un déficit visuel depuis sa naissance, a réalisé à tout juste 16 ans une formidable performance : devenir champion de France en para judo. Entré au judo club de Fessenheim « par hasard » à 6 ans, il s’est peu à peu découvert une passion, puis a pris goût à la compétition, évoluant dans les divers championnats locaux, jusqu’à disputer à l’âge de 14 ans ses premières compétitions nationales.

Grâce à ses bons résultats, il s’est qualifié pour le championnat de France de para judo qui s’est déroulé le 11 avril dernier en région parisienne. « J’y suis allé sans prétention de gagner. J’avais pour objectif de me faire repérer par la fédération », indique-t-il avec humilité. S’étant préparé physiquement et psychologiquement à combattre dans la catégorie des moins de 81 kg, il découvre avec stupeur, le jour même de la compétition, qu’il évoluera dans la catégorie supérieure et affrontera des adversaires de moins de 95 kg, par manque de participants. « À ce moment-là, j’étais assez stressé », confie-t-il, mais « je me suis tout de suite remobilisé, je n’avais rien à perdre ». Perdre ? Il n’a pas connu ce mot, ayant remporté par ippon ses quatre combats face à ses concurrents âgés de 16, 30 et 35 ans. Ce titre lui a permis non seulement d’atteindre son objectif de se faire remarquer par la fédération, mais aussi de décrocher un stage avec l’équipe de France de para judo, qui s’est déroulé fin avril.

Aujourd’hui, il s’entraîne avec exigence près de sept fois par semaine, pour décrocher sa place en équipe de France et réaliser ses premiers tournois internationaux. Dans sa ligne de mire, une qualification aux Jeux paralympiques dans les prochaines années.

Le jeune lycéen, en section sportive judo au lycée Schweitzer de Mulhouse, n’oublie pas ses proches et d’où il vient. « Sans le soutien de mes parents qui m’emmènent partout en France, je n’en serais pas là où j’en suis (…), c’est des centaines de sacrifices qui finissent par payer. » Il remercie aussi son club, « ses partenaires d’entraînements… j’en suis aussi là grâce à eux » et glisse un mot particulier pour Sylvain Gérard, président du Judo club de Fessenheim et Jean-Luc Cardoso qui le suit dans toutes ses compétitions.
La commune de Fessenheim est très fière de son parcours, de sa détermination ainsi que de ses valeurs. Nous lui souhaitons une longue et belle carrière couronnée de succès, à la manière d’un certain Teddy Rinner.